2 livres pour instruire les App∴ et les Comp∴

Gloire au Travail

Comme le rappelle Éliane Brault[1] dans son ouvrage « Psychanalyse de l'initiation maçonnique » : étymologiquement le mot travail vient du bas latin, Tripalium, du nom d'un instrument à trois piliers qui servait à ferrer les chevaux, à maintenir les animaux sous le joug et assujettir les condamnés à la torture. Assimilant l'action à l'instrument, on considéra le travail comme un maintien sous le joug en y ajoutant le contexte biblique de condamnation infamante à perpétuité. C'est un mérite pour la Franc-maçonnerie d'avoir détruit le tabou d'expiation qui pesait sur le travail. L'avoir remplacé par le symbolisme d'un effort qui délivre des servitudes humaines est un cadeau inestimable.

Pour d’autres, travailler serait formé sur une base lexicale exprimant un mouvement, qui s’articule au préfixe tra - exprimant la notion de passage assortie d’une résistance. André Eskénazi[2] émet l’hypothèse selon laquelle tous les sens de travailler se ramènent à une signification abstraite : rupture, sous la pression d’une intervention extérieure, d’une position fondamentale de dégagement dans « l’en soi-pour soi-chez soi ».

Leitmotiv des rituels de tous les rites du passage au deuxième degré qui reconnaît que c’est parce que l’Apprenti a bien travaillé qu’il mérite de devenir Compagnon. Le travail est conçu, dans les loges, comme permettant d’atteindre un but moral. Le Maçon est invité à travailler sur lui-même, à polir sa pierre brute, à se perfectionner avant de songer à améliorer le monde. La symbolique maçonnique, avec les outils du constructeur, témoigne de cette orientation primordiale.

Les Francs-maçons, héritiers spirituels des bâtisseurs de cathédrales, ont leur Temple à construire. Salomon l'a conçu. Hiram en traça le plan. Chacun des Frères et Sœurs l'exécute. « C'est le temple de l'harmonie humaine et de la paix. Il est fondé sur la raison. Il est embelli par l'amour. Il est réalisé par le travail. »

Il s’agit, non seulement de participer aux travaux dans les Loges, mais de répandre à l'extérieur les philosophies et, surtout, plus efficacement encore, de les servir par l’exemple et l’action dans le monde profane.

Le travail est celui du compagnonnage opératif qui fait de l'ouvrier un artisan, de l'artisan un ouvrier d'art et de l'ouvrier d'art un bâtisseur de cathédrales de pierre ou d'esprit.

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[1] Éliane Brault, née le 18 septembre 1895 à Paris et morte le 25 août 1982 à Paris, est une résistante, une personnalité politique et une journaliste française également connue pour son engagement féministe ainsi que dans son implication dans la Franc-maçonnerie en particulier au sein de la Grande Loge Mixte Universelle dont elle est la fondatrice et la première Grande Maîtresse.

[2] Spécialiste de la littérature française du Moyen Âge.