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Le maçon est-il le coq Chantecler ?


Le maçon est-il le coq Chantecler ?  (par Franck Fouqueray)

L’histoire de la Franc-maçonnerie française démontre clairement que depuis trois siècles, les Frères et les Sœurs gaulois et gauloises sont à droite, à gauche ou au centre. Certains sont chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes… c’est naturellement plus rare, mais je me suis laissé dire qu’il existait aussi quelques athées. Ils sont hommes ou femmes et certains peuvent-être de sexe indéterminé. Nous retrouvons des maçons jaunes, des blancs et des noirs. Il existe sous le tablier des hétérosexuels, des homosexuels, des transsexuels, des bisexuels et aussi quelques abstinents. Enfin, tout cela pour dire que tous les genres, toutes les cultures ou religions cohabitent dans le même Temple, pour le bonheur de tous.

Pourtant, une double question m’obsède : « Pourquoi les maçons s’engagent-ils à laisser les métaux à la porte du Temple. Pourquoi prennent-ils l’engagement de ne parler ni de religion, ni d’argent, ni de politique ? »

La réponse coule comme une source du breuvage de mnémosyne : « Se sont des sujets qui séparent au lieu de rassembler ! »

J’entends déjà piaffer devant leur ordinateur quelques impatients, qui se demandent où je veux en venir. Ces derniers m’apostrophent alors avec une question pertinente : « Si cela est vrai, pourquoi les dignitaires des grandes obédiences prennent-ils publiquement parti pour des thèmes de société ? »

J’imagine que ces chers élus des grandes obédiences se laissent emporter par leur enthousiasme et se voient déjà présider aux plus hautes fonctions de l’Etat. Car rappelons un fait connu de tous, un dignitaire d’Obédience n’a aucune légitimité pour s’exprimer sur la politique, la vie du pays (même s’il peut parfois compatir au nom de son Obédience lors de drames), les finances de la nation, la sexualité, l’art culinaire ou la pollution des villes…

Le seul rôle pour lequel un Grand Maître est élu, c’est parler de son obédience et de sa Franc-maçonnerie. Je dis bien de « sa », car reconnaissons que nous ne faisons jamais que notre propre maçonnerie, même si les outils sont presque tous communs.

Nos Rituels disent tous la même chose, « Le Franc-maçon travaille à rassembler ce qui est épars ». Comment respecter cette règle immuable de notre Art Royal si nous entrons dans une arène vulgaire pour attiser la dualité, la division ?

Comment un Maçon peut-il être à la fois un représentant élu d’une Obédience multi raciale et multi confessionnelle et s’exprimer ès-qualités sur des sujets politico-socio-financiers qui créent du clivage ?

Est-ce bien le rôle de la Franc-maçonnerie ? Beaucoup pensent déjà qu’il s’agit d’un mélange des genres contre nature.

Entendons nous bien, qu’un Franc-maçon, dignitaire d’une Obédience occupe une fonction d’élu ne pose aucun problème, du moins si les deux missions sont bien distinctes et totalement cloisonnées. En d’autres termes, il serait souhaitable pour tous, que nos Dignitaires oublient au plus vite leurs illusions politiques, au profit de la seule vocation de la Franc-maçonnerie : « Le travail symbolique et le bien-être des Frères et des Sœurs ! »

Comme chacun le sait, il existe dans notre Franc-maçonnerie hexagonale une voie spirituelle et une voie plus sociale. Les deux peuvent très bien coexister avec Harmonie et Fraternité. Mais il reste néanmoins que de vouloir changer l’homme en changeant la société n’a jamais signifié entrer dans la dualité du combat politique afin de promouvoir des causes à succès (euthanasie, Laïcité, égalité des sexes…).

Il est possible que mes propos agacent quelques Frères ou Sœurs concernés. Si les effets persistent, je leur conseille de s’offrir une représentation de « Chantecler », la célèbre pièce d’Edmond Rostand, qui raconte l’histoire de ce coq qui croyait que son chant permettait au soleil de se lever chaque matin… jusqu’au jour où ce dernier faillit à sa mission. Ils pourront ainsi voir le parallèle qui existe entre le pseudo pouvoir politique des Obédiences et la puissance magico-vocale du coq.

Si quelques Frères ou Sœurs restent désespérément accrochés à cette idée du grand soir de la Franc-maçonnerie, ils risquent de rencontrer personnellement le G.A.D.L.U. avant de voir leur rêve s’accomplir. Car si un lecteur peut m’expliquer en quoi la Maçonnerie contemporaine influence concrètement le pouvoir politique en 2016 ou la vie de notre société, je vous assure, je mange mon tablier et mes gants sans boire un verre d’eau.

Si les maçons de Droite et de Gauche retrouvaient enfin leur rituel et oubliaient quelques temps leurs passions stériles et leurs désirs de puissance, pour reprendre leurs travaux initiatiques, il est possible que la Franc-maçonnerie renoue enfin avec sa gloire du temps passé. Oh, il est bien certain que ce pouvoir ne viendra pas par un quelconque processus électoral, mais plutôt par une évolution sur la voie de la Sagesse. En somme, une transformation intérieure de chacun de nous qui créerait ensuite une grande vague de changements par l’exemplarité dans la société.

Lorsqu’on passe son temps à stigmatiser les communautés, à effrayer le téléspectateur, à entretenir les fantasmes sur notre Art, à diviser et à séparer les groupes humains ou les genres sexuels ou matrimoniaux, il n’est guère surprenant que certains Frères ou Sœurs songent à trouver refuge dans le populisme.

Entre nous, quelle différence existe-t-il entre un parti politique qui divise les communautés et des obédiences maçonniques qui divisent des Frères et Sœurs selon leur tendance politique ou pire, leur couleur de tablier ? Le mécanisme de la dualité, issu des techniques manipulatoires repose sur les mêmes principes.

En revanche, si on consacre une partie de nos soirées à travailler sur le compas et l’équerre, il devient tout naturel de rassembler ce qui est épars et de retrouver l’unité et la paix. Mais pour arriver à ce résultat, il ne suffit pas de regarder béatement la Lune et le Soleil ou le Pavé Mosaïque en Loge, encore faut-il assimiler le principe de la « complémentarité des opposés » et à faire l’Unité en son cœur. Je parle là de comprendre le principe du ternaire en somme. Et c’est certainement ici que l’instruction s’est arrêtée pour de nombreux Frères et Sœurs.

Pour finir je paraphraserai Georges Orwell en disant que nous sommes tous Frères, mais certains sont quand même plus Frères que d’autres… je veux dire, ceux qui se trouvent près de la pointe du compas, au centre du cercle. Car ceux qui sont partis dans les extrêmes, du côté du crayon, vont certainement tourner en rond encore un bon moment. Au moins ça les occupera, ils continueront à faire cocorico chaque matin sans comprendre qu’ils nourrissent leur égo. Pour définitivement conclure, je laisserai le mot (d’humour) de la fin à notre Frère Pierre Dac : «  La différence entre tolérance et fraternité ? La tolérance, c’est d’accepter qu’il y ait quelques imbéciles en maçonnerie. La fraternité consiste à ne pas donner les noms ! »