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La pierre cubique

La pierre cubique est l'hexaèdre régulier, le chef-d'œuvre que doit réaliser le Compagnon. C’est forcément la forme la plus simple, par conséquent la plus harmonieuse : c’est celle dont tous les différents éléments sont égaux entre eux (faces, angles, diagonales…) et semblablement disposés. C’est le cube, élément base de toute architecture, première forme des pierres sacrées

Comme la taille de la pierre brute, la pierre cubique se rattache étroitement au symbolisme des outils et particulièrement à celui de l'équerre, du ciseau et de la règle. En loge, elle est sur les marches de l'autel des serments, côté colonne du midi. Selon Jules Boucher[1], la pierre cubique est à la fois une forme de la pierre taillée et une figure géométrique, le cube, qui permet des spéculations numérologiques et des commentaires analogiques à caractère moral (Jean-Marie Ragon). Pour ce dernier, la pierre cubique symbolise les progrès que doivent faire les compagnons : solide le plus parfait, il est « la pierre angulaire du Temple immatériel élevé à la philosophie et l’emblème de l'âme aspirant à monter à sa source ».

Dans ses manuscrits théosophiques du XVIIIe siècle, le frère François-Nicolas Noël montre comment la géométrie plane (à deux dimensions) fait apparaître les trois dimensions (longueur, largeur, épaisseur). Utilisées selon une approche symbolique, cela permet de franchir les discontinuités du monde apparent, profane, et de passer, par exemple, du cercle au carré, en joignant des points de contact de cercles emboités pour donner la forme de la [double] pierre cubique ; plus simplement, de passer de l’hexagone au losange (le rhombe) et à la pierre cubique. La géométrie du Maçon de François-Nicolas Noël, 1812, est un des plus beaux ouvrages sur la géométrie mystique chrétienne.

Au RER les quatre angles supérieurs de la pierre cubique représentent l'universalité de l'Ordre et les quatre parties du monde dans lesquelles il est répandu, les quatre angles inférieurs, les quatre vertus qui sont la base de l'Ordre.

Jean-Marie Ragon dans son Cours philosophique et interprétatif de toutes les initiations anciennes et modernes de 1841 écrit : « C'est dans le rite français seulement qu'il est question plus amplement de la pierre cubique dont une des faces présente, dans une division de quatre-vingt-une cases, les mots des cinq premiers grades ; et le chapiteau, composé de seize cases triangulaires, formant ensemble un grand triangle, ou delta, emblème de la Divinité, renferme le mot sacré du présent grade. Elle présente sous les nombres 3, 5, 7, 9, 42, consacrés dans toutes les religions et sous les figures géométriques triangle, cercle, carré, qu'affectionnent les initiés de Memphis, les attributs de l'intelligence suprême, les grandes divisions et les opérations de la nature, les principes des sciences, des arts et de la religion naturelle. »

Devenu pierre cubique, le Compagnon s’offre à toutes les expositions intellectuelles et spirituelles, chacune de ses faces pouvant représenter les 6 orientations de l’univers, Orient, Occident, Septentrion, Midi, Zénith et Nadir. La pierre cubique est une forme d’être pour s’assembler aux autres pierres que sont non seulement les Francs-maçons mais toutes les femmes et tous les hommes.

Chaque face, chaque angle, chaque arête est identique aux autres à l'image des hommes en fraternité. Il y a toujours 3 faces cachées lorsque l’on observe une pierre cubique. C’est avec le levier que le Maçon peut les faire apparaître. Déployer la pierre cubique ouvre sur la croix.

Et s'il ne s'agissait pas de tailler SA pierre pour se transformer, mais de passer du travail de découverte de la pierre brute au travail sur la pierre cubique ?

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[1] Né le 28 février 1902 et mort le 9 juin 1955, est un écrivain, occultiste, alchimiste et Franc-maçon français. Auteur de : « La Symbolique maçonnique », Dervy, 1948, rééd. 1979 – « Manuel de magie pratique », Éditions Niclaus, Paris, 1941.