2 livres pour instruire les App∴ et les Comp∴

L’Étoile flamboyante

« Va, et que l’Étoile flamboyante illumine ton chemin. » Elle n’est pas un astre mais une représentation héraldique de la divinité.

Figurant déjà parmi les graffitis néolithiques, l’Étoile flamboyante apparaît, dans la mythologie égyptienne, comme représentant Isis, la grande magicienne. Figurant sur le plafond des tombeaux royaux, elle indiquait le monde où séjournaient les dieux. Lorsque Pharaon, considéré par le peuple comme un dieu vivant, rejoignait au crépuscule de sa vie l’Orient éternel, une nouvelle étoile était censée s’allumer dans le ciel. En Égypte, il n’y eut jamais d’autres formes d’étoiles que celles à cinq branches.

Dans la mythologie grecque, l’Étoile flamboyante possédait une valeur thérapeutique en tant que pentalpha[1] de la vie et de la santé.

Les pythagoriciens choisirent l’étoile à cinq branches pour emblème et en firent le centre de leur méditation. Ils traçaient le pentagramme étoilé d’un seul trait continu, mais il est classique de le tracer à l’aide d’un compas et d’une règle.

L’Étoile flamboyante est figurée par la coupe d'Hermès, le vase cosmogonique de Platon, l'urne des anciens mystères, l’emblème de la matrice universelle ; elle contient le feu illuminateur et générateur, symbole de la gnose qui n'est pas la connaissance dans le sens commun de ce terme mais une compréhension de la cause et du processus de la vie du monde. Le hiéroglyphe égyptien qui désigne l’au-delà est une étoile à 5 branches.

Dans l’iconographie symbolique, l’étoile sert à désigner aussi bien la conception que la naissance. La Vierge est souvent représentée nimbée d’étoiles.

« Marcher vers une étoile, rien d’autre[2] », c’est l’acheminement de la pensée.

Au Moyen Âge, l’Étoile flamboyante constituait un symbole important des guildes de Maçons. L’étoile, marque forte du compagnonnage, fut le point de convergence des chemins de Saint-Jacques en un petit village dont le nom espagnol est significatif, La Estrella. Pour le pèlerin comme pour le Compagnon, la route aux étoiles, chemin partant de Paris et aboutissant à ce village, c’est aussi la Voie lactée.

Dans son Amphitheatrum œternæ sapientiœ, Heinrich Khunrath[3] représentait la réalisation du Grand Œuvre par l’Homme en période ascensionnelle dans l’Étoile flamboyante.

La terminologie Blazing Star apparaît dans le Manuscrit Sloane[4] daté de 1700. L'Étoile flamboyante, permanence de l’idéal, se présente sous la forme d'un pentagramme rayonnant, avec en son centre un G (Lettre) comme illustrée dans le Dialogue de Simon and Philip de 1740. Un extrait de la réception au 8e degré du rite de Misraïm donne une interprétation de l'étoile :

·         Question : Pourquoi l'Étoile n'a-t-elle que cinq rayons ?

·         Réponse : Cela fait allusion aux cinq ordres d'architecture dont on fit usage pour la construction du Temple, aux 5 points de la fidélité, aux 5 sens, pour que l'homme soit parfait, aux 5 lumières de la Maçonnerie et aux 5 parties du monde habitées par les Maçons.

·         Question : Quels sont les cinq points de la fidélité ?

·         Réponse : D'agir, d'intercéder, de prier, d'aimer et de secourir ses Frères.

Dans le Catéchisme ou instruction pour le grade d’adepte ou apprenti Philosophe sublime et inconnu, rédigé par le baron de Tschoudy, il est expressément expliqué à propos de l’Étoile flamboyante :

·         Question : Que représente-t-elle positivement ?

·         Réponse : Le souffle divin, le feu central et universel, qui vivifie tout ce qui existe.[5]

Lisez la suite et terminez votre instruction : Suite dans le manuel 

[1] Talisman composée de cinq alphas superposés à différents angles de rotation.  Consulter le très intéressant texte de François Secret et Jean-Pierre Laurant, Pentagramme, Pentalpha et Pentacle à la Renaissance :  www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1971_num_180_2_9760 (consulté le 11 octobre 2021).

[2] Martin Heidegger : né le 26 septembre 1889 à Meßkirch et mort le 26 mai 1976 à Fribourg-en-Brisgau. Philosophe allemand. La phrase complète : « L'homme est un poème que l'Être a commencé. Marcher vers une étoile, rien d'autre. Penser, c'est se limiter à une unique idée, qui un jour demeurera comme une étoile au ciel du monde. »

[3] Heinrich Khunrath (vers 1560 - 9 septembre 1605), est un médecin et alchimiste allemand. Il est surtout connu pour son traité alchimique l'Amphitheatrum Sapientiae Aeternae (Amphithéâtre de la sagesse éternelle).

[4] Le manuscrit Sloane n° 3329, du fait de son classement au British Museum est le premier document fondateur d’origine directement anglaise. Il tire son nom de son appartenance à la collection de Sir Hans Sloane. Il se compose de deux parties, la première révèle les signes par lesquels les Maçons se reconnaissent entre eux, la seconde est une instruction par question et réponse débouchant sur un serment à prêter. C'est le premier manuscrit à évoquer clairement une franc-maçonnerie en trois grades. Dans les manuscrits plus anciens ou précédents, les termes de « compagnon » et de « maitre » sont synonymes et usités pour désigner un seul état de grade, dans le Sloane, ils sont clairement différenciés et leur secret diffèrent. Ce manuscrit fait état par deux fois de manière claire du « Mot de maçon » et ajoute un mot de maître qui se transmet en deux temps à l'image des mots d'apprenti et de compagnon. Il évoque également le concept de « loge parfaite » composée de deux apprentis, de deux compagnons du métier et enfin de deux maîtres.

[5] Rédigé par baron de Tschoudy : https://tinyurl.com/catechismeInstruction (consulté le 11 octobre 2021).